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Covid-19 : un an après, retour à Wuhan avec un médecin français

Au vu de l’activité dans les rues et les commerces, difficile aujourd’hui d’imaginer que les habitants de la grande métropole de la province chinoise du Hubei sont restés sous cloche pendant près de deux mois. Français à l’étranger, en partenariat avec France Info, partage le témoignage d’un médecin français de Wuhan.

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Covid-19 : un an après, retour à Wuhan avec un médecin français

Des clients dans les restaurants, dans les magasins, des familles dans les parcs ou des embouteillages dans les rues. La vie a repris son cours à Wuhan et dans la province du Hubei. Le masque n’est plus obligatoire mais beaucoup continuent à le porter.

Test de température à l’université

À l’université, les étudiants sont soumis à un test de température à chaque entrée sur le campus. Un an après son apparition, l’épidémie est donc sous contrôle mais la menace d’une rechute reste bien présente, témoigne Philippe Klein, médecin français à Wuhan :“Dès qu’il y a dans une ville, ne serait-ce qu’un cas, ils vont bloquer et tester toute la ville. Fin mai, ils ont testé ici 11 millions de personnes, pour montrer qu’il n’y avait plus de cas, et que la population pouvait reprendre confiance et revivre normalement”.

52 jours : entre février et avril, les habitants de Wuhan, épicentre de l’épidémie, sont restés strictement confinés, cloîtrés chez eux.

En Chine, la décision du confinement strict n’a pas fait débat

“En France, il y a une prédominance de la polémique, ce qui fait que les Français sont perdus. S’il y a des dissensions entre des sommités scientifiques, on a vraiment du mal à faire la part des choses, à juger si la situation est très dangereuse ou non, et à prendre par soi-même les bonnes mesures pour contrôler le phénomène.”

Pas de discussion non plus sur l’utilisation de l’application sur smartphone destinée à identifier les cas de Covid-19 autour de soi. “Lorsqu’on a pu ressortir dans la rue, on a été obligé d’utiliser l’intelligence artificielle pour se protéger, protéger l’autre, mais aussi protéger économiquement les restaurateurs par exemple”.

Un vaccin en développement

Les chercheurs chinois travaillent eux aussi à la mise au point d’un vaccin. Injecté pour la première fois en février à une doctoresse militaire, comme aux États-Unis, il est en cours de test à grande échelle sur la population : “C’est là que ça pêche, reconnaît Philippe Klein, dans cette phase 3, il faut arriver à produire un vaccin efficace sur un temps suffisamment long pour montrer à la population qu’il n’est pas dangereux, mais sur un temps aussi assez court, pour arriver à maîtriser les conséquences économiques de la crise sanitaire le plus rapidement possible.”

Depuis le déconfinement, la Chine applique un contrôle hyper strict à ses frontières

Les personnes de retour de France, par exemple, doivent être munies d’un visa exceptionnel pour rentrer dans le pays, être placées en quatorzaine une première fois à leur arrivée, puis désormais une deuxième fois, si elles vivent à Wuhan.“C’est l’un des plus gros handicaps de l’Occident, analyse le médecin. Dans l’espace Schengen, c’est très compliqué entre les pays, il y a une certaine porosité. Vous arrivez sur le territoire chinois, on vous teste et on sait immédiatement si vous êtes positif.”

De nombreux expatriés ont quitté Wuhan au début de la pandémie. Beaucoup de sociétés étrangères ont définitivement fermé. Philippe Klein estime qu’environ la moitié des Français ne sont pas revenus.

Lui écrire : klein.philippe@outlook.com

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